A partir d’un certain seuil de remplissage vésical, les
récepteurs sensibles à la distension pariétale
vont induire à partir de centres médullaires de la
miction (S2 S3 S4) une contraction du détrusor.
L’enfant ne semble pas percevoir la sensation de
réplétion vésicale : il ne peut ni initier ni
stopper sa miction.
La première étape de l’acquisition du contrôle
mictionnel survient habituellement entre l’âge de 1 et 2 ans et
repose sur la prise de conscience de la sensation de besoins, et sur la
possibilité pour l’enfant de constater qu’il peut éviter
une fuite d’urine s’il contrôle volontairement son
sphincter urétral et met
en jeu le réflexe
d’inhibition du détrusor. Cette acquisition le conduit
progressivement à augmenter sa capacité vésicale,
à la continence et à la propreté diurnes.
Mais la nuit, ou dans la journée lors d’émotions (jeu,
rires, pleurs …), la vigilance sphinctérienne est moindre et des
fuites peuvent survenir.
Avec le temps les influences inhibitrices sur l’ensemble
vésico-sphinctérien, d’origine centrale
cérébrale, entraînent un accroissement du volume
vésical et une diminution de l’activité vésicale.
La continence est assurée aussi bien par l’inhibition centrale
que par l’action volontaire sur le sphincter strié
urétral.
La miction s’effectue toujours avec une synergie
vésico-sphinctérienne parfaite (contraction du
détrusor et relâchement du sphincter urétral
simultanés).
- Si les 2 parents ont été
énurétiques, 77 % des enfants sont
énurétiques.
- Si 1 seul parent a été
énurétique, 44 % des enfants sont
énurétiques.
- Si aucun parent n’a été
énurétique, 15 % des enfants sont
énurétiques.
un gêne de l’énurésie a été mis en
évidence.
ce sont l’angoisse scolaire, la séparation des parents ou
d’avec les parents, le surmenage, les deuils et les conflits familiaux.
De plus il ne faut pas méconnaître les conséquences
psychologiques secondaires de l’énurésie
(sentiment de honte, de rejet et de repli sur soi).
Il est toujours important d’encourager les progrès.
Il existe chez les énurétiques une immaturité
vésicale latente qui ne se manifeste que la nuit
(existence de contractions non inhibées du détrusor
pendant le sommeil mises en évidence par le bilan urodynamique).
l’énurétique a très souvent un sommeil
très profond.
Il est probablement délétère pour son
équilibre de lutter contre ce sommeil profond : donc les
méthodes qui consistent à réveiller l’enfant ne
sont probablement pas bonnes (réveil systématique,
pipi-stop).
un défaut de sécrétion nocturne d’hormone
anti-diurétique ( ADH ) a été retrouvé chez
l’énurétique, responsable d’une polyurie (
hyperproduction d’urines par les reins ).
- L’instabilité urétrale : c’est la
chute brutale du tonus sphinctérien urétral.
- L’encoprésie (non propreté anale) :
la majorité des encoprétiques sont
énurétiques.
a) il faut créer un climat de confiance
entre le thérapeute et l’enfant : il faut en effet obtenir sa
prise de conscience et sa coopération active avec
- tentative d’explication du syndrome
énurésie.
- tenue quotidienne par l’enfant d’un carnet
où seront consignés les épisodes
énurétiques, les troubles diurnes s’ils existent et les
éventuelles améliorations à encourager.
- Limitation des boissons dès 18 heures.
- Vider sa vessie avant l’endormissement.
- Bannissement des couches.
b) lorsque la composante psychologique paraît
sévère il ne faut pas hésiter à confier
l’enfant à un psychothérapeute.
c) Traiter le facteur vésical : Les
anticholinergiques limitent les contractions du détrusor
d) L’éducation mictionnelle :
Aux enfants qui vont uriner trop souvent le jour, leurs demander
d’essayer de résister et d’espacer progressivement les mictions
en leur apprenant le réflexe d’inhibition du détrusor (la
contraction volontaire du sphincter strié de l’urètre en
serrant les fesses entraîne une inhibition réflexe de la
contraction du détrusor), aux enfants qui vont uriner trop
rarement leur demander d’y aller régulièrement (toutes
les 2 à 3 heures).
e) Le facteur sommeil : les antidépresseurs
tricycliques à faibles doses permettent d’alléger le
sommeil et ont, de plus, une action anticholonergique qui diminue les
contractions du détrusor.
f) Le facteur hormonal : le Minirin lutte contre la
polyurie. Ce traitement est plutôt à réserver aux
utilisations ponctuelles (quand l’enfant va dormir ailleurs que chez
lui).
Il ne faut pas oublier que le meilleur allié est le
temps et que
10 % des enfants énurétiques seront guéris chaque
année.