1.    Comment devient-on propre ?

a)    la vessie infantile ou automatique :

A partir d’un certain seuil de remplissage vésical, les récepteurs sensibles à la distension pariétale vont induire à partir de centres médullaires de la miction (S2 S3 S4) une contraction du détrusor.
L’enfant ne semble pas percevoir la sensation de réplétion vésicale : il ne peut ni initier ni stopper sa miction.

b)    La vessie immature :

La première étape de l’acquisition du contrôle mictionnel survient habituellement entre l’âge de 1 et 2 ans et repose sur la prise de conscience de la sensation de besoins, et sur la possibilité pour l’enfant de constater qu’il peut éviter une fuite d’urine s’il contrôle volontairement son sphincter urétral et met en jeu le réflexe d’inhibition du détrusor. Cette acquisition le conduit progressivement à augmenter sa capacité vésicale, à la continence et à la propreté diurnes.
Mais la nuit, ou dans la journée lors d’émotions (jeu, rires, pleurs …), la vigilance sphinctérienne est moindre et des fuites peuvent survenir.

c)    La vessie adulte :

Avec le temps les influences inhibitrices sur l’ensemble vésico-sphinctérien, d’origine centrale cérébrale, entraînent un accroissement du volume vésical et une diminution de l’activité vésicale.
La continence est assurée aussi bien par l’inhibition centrale que par l’action volontaire sur le sphincter strié urétral.
La miction s’effectue toujours avec une synergie vésico-sphinctérienne parfaite (contraction du détrusor et relâchement du sphincter urétral simultanés).

2.    Les principaux facteurs de l’énurésie :

a)    le facteur génétique :

-    Si les 2 parents ont été énurétiques, 77 % des enfants sont énurétiques.
-    Si 1 seul parent a été énurétique, 44 % des enfants sont énurétiques.
-    Si aucun parent n’a été énurétique, 15 % des enfants sont énurétiques.
un gêne de l’énurésie a été mis en évidence.

b)    les facteurs psychologiques et le contexte familial :

ce sont l’angoisse scolaire, la séparation des parents ou d’avec les parents, le surmenage, les deuils et les conflits familiaux.
De plus il ne faut pas méconnaître les conséquences psychologiques secondaires de l’énurésie
(sentiment de honte, de rejet et de repli sur soi).
Il est toujours important d’encourager les progrès.

c)    le facteur vésical : l’immaturité vésicale.

Il existe chez les énurétiques une immaturité vésicale latente qui ne se manifeste que la nuit
 (existence de contractions non inhibées du détrusor pendant le sommeil mises en évidence par le bilan urodynamique).

d)    le facteur sommeil :

l’énurétique a très souvent un sommeil très profond.
Il est probablement délétère pour son équilibre de lutter contre ce sommeil profond : donc les méthodes qui consistent à réveiller l’enfant ne sont probablement pas bonnes (réveil systématique, pipi-stop).

e)   le facteur hormonal :

un défaut de sécrétion nocturne d’hormone anti-diurétique ( ADH ) a été retrouvé chez l’énurétique, responsable d’une polyurie ( hyperproduction d’urines par les reins ).

f)    les autres facteurs :

-    L’instabilité urétrale : c’est la chute brutale du tonus sphinctérien urétral.
-    L’encoprésie (non propreté anale) : la majorité des encoprétiques sont énurétiques.

3.    Les modalités thérapeutiques :

a)    il faut créer un climat de confiance entre le thérapeute et l’enfant : il faut en effet obtenir sa prise de conscience et sa coopération active avec
-    tentative d’explication du syndrome énurésie.
-    tenue quotidienne par l’enfant d’un carnet où seront consignés les épisodes énurétiques, les troubles diurnes s’ils existent et les éventuelles améliorations à encourager.
-    Limitation des boissons dès 18 heures.
-    Vider sa vessie avant l’endormissement.
-    Bannissement des couches.
b)    lorsque la composante psychologique paraît sévère il ne faut pas hésiter à confier l’enfant à un psychothérapeute.
c)    Traiter le facteur vésical : Les anticholinergiques limitent les contractions du détrusor
d)    L’éducation mictionnelle :
Aux enfants qui vont uriner trop souvent le jour, leurs demander d’essayer de résister et d’espacer progressivement les mictions en leur apprenant le réflexe d’inhibition du détrusor (la contraction volontaire du sphincter strié de l’urètre en serrant les fesses entraîne une inhibition réflexe de la contraction du détrusor), aux enfants qui vont uriner trop rarement leur demander d’y aller régulièrement (toutes les 2 à 3 heures).
e)    Le facteur sommeil : les antidépresseurs tricycliques à faibles doses permettent d’alléger le sommeil et ont, de plus, une action anticholonergique qui diminue les contractions du détrusor.
f)    Le facteur hormonal : le Minirin lutte contre la polyurie. Ce traitement est plutôt à réserver aux utilisations ponctuelles (quand l’enfant va dormir ailleurs que chez lui).

Il ne faut pas oublier que le meilleur allié est le temps et que 10 % des enfants énurétiques seront guéris chaque année.