1. LES EXAMENS BIOLOGIQUES :

-    l’examen cytobactériologique des urines :

C’est un examen qui recherche l’existence d’une infection urinaire (présence de germes en quantité significative), d’hématurie (présence de globules rouges en quantité anormale), de leucocytes (présence de globules blancs en quantité anormale, altérés ou non).
Au cours de cet examen on peut également mesurer le pH urinaire qui doit être de 6.5 sur les urines fraîches du matin et rechercher la présence en quantité anormale de cristaux, favorisant la formation de lithiases urinaires.
Le recueil des urines doit être fait dans des condition d’asepsie rigoureuse et après élimination du premier jet d’urines pour éliminer des souillures (en général germes multiples).

-    la bandelette urinaire :

Elle consiste à tremper une bandelette dans les urines émises et recherche la présence de sang de leucocytes et de nitrites présents en cas d’infection par certaines bactéries.
C’est un bon élément d’orientation, mais si il est négatif il n’élimine pas une infection urinaire.

-    la cytologie urinaire :

C’est un examen qui recherche l’existence de cellules urothéliales dont la présence témoignerait l’existence de tumeurs urothéliales, notamment de tumeur de vessie.
Le recueil peut être fait dans un laboratoire d’analyses médicales classique, mais la lecture doit être faite dans un laboratoire d’anatomo-pathologie.
Une cytologie urinaire négative n’élimine pas une tumeur urothéliale.

-    la créatininémie et le dosage de l’urée sanguine :

C’est un examen sanguin qui étudie le fonctionnement rénal.

-    le bilan phosphocalcique :

C’est un bilan demandé dans le cadre du bilan de lithiase urinaire.
Il consiste à mesurer sur les urines fraîches du matin la densité urinaire (permettant de savoir si la prise de boissons est suffisante, normalement  2 litres par jour, et surtout bien répartie dans les 24 heures) et le pH urinaire et le taux de cristaux. Le recueil des urines de 24 heurs permet le dosage du taux de calcium dans les urines, du taux d’acide urique dans les urines, du taux de sodium dans les urines et du taux de l’urée dans les urines. Il permet ainsi de détecter une prise excessive de calcium, de sel et de viandes éléments qui favorisent la formation des lithiases.
La calcémie dose le calcium dans le sang et l’uricémie, le taux d’acide urique dans le sang.

-    le PSA :

Cet examen consiste à doser le taux de PSA dans le sang, reflet de l’état prostatique.

-    les marqueurs tumoraux :

en urologie il existe des marqueurs tumoraux, c’est-à-dire dont l’élévation est corrélée à la présence d’un cancer, seulement dans le cancer du testicule : ce sont la bêta-HCG et l’alfa-foetoprotéine.
    

-    le spermogramme :

C’est l’étude microscopique du sperme qui doit être recueilli après 5 jours d’abstinence.
Il étudie le volume de l’éjaculat, son pH, la quantité de spermatozoïdes, leur vitalité et leur mobilité, leur morphologie. On peut également rechercher la présence d’autoanticorps antispermatozoïdes, la présence d’une infection par spermoculture et analyser le pouvoir fécondant des spermatozoïdes. C’est un examen demandé dans le bilan de l’infertilité.

-    les dosages hormonaux :

Dans le bilan des troubles sexuels (troubles de la fertilité et trouble de l’érection) on peut doser la testostéronémie (la testostérone est l’hormone sécrétée par les testicules) la taux sanguin de FSH et LH, hormones sécrétées par l’hypophyse qui contrôlent la sécrétion de testostérone et la spermatogénèse (production des spermatozoïdes) par les testicules.

-    Le caryotype :

C’set un examen qui recherche une anomalie des chromosomes. C’est également un examen souvent demandé dans le bilan de certains troubles de la fertilité.


2. LES EXAMENS RADIOLOGIQUES :

-    L’abdomen sans préparation :

C’est un cliché de l’abdomen sans injection de produit de contraste qui recherche essentiellement l’existence d’opacités évocatrices de lithiases, se projetant sur l’appareil urinaire. C’est un examen de dépistage, mais insuffisant à lui seul.

-    L’échographie :

 
C’est un examen non invasif qui permet l’exploration des reins (présence de lithiases, de tumeurs ou de dilatation des cavités rénales), de la vessie (présence de lithiases, de tumeur supérieur à 1 centimètre, mesure de l’épaisseur de la paroi vésicale, mesure du résidu d’urines après miction), de la prostate (dans ce cas l’échographie peut également être réalisée par voie endorectale, permettant dans une certaine mesure l’analyse de la structure intraprostatique avec cependant une prudence quant à l’interprétation des résultats. L’échographie endorectale de la prostate est surtout utile pour guider les biopsies prostatiques). L’échographie permet également l’étude des bourses et de leur contenu (testicules) chez l’homme et  de l’utérus chez la femme
Cet examen ne présente pas de contre-indications.

 

-    L’urographie intraveineuse :

C’est un examen qui consiste à injecter par voie intraveineuse un produit de contraste à base d’iode qui est ensuite capté par les reins et éliminé par les voies urinaires.
Il permet ainsi de voir les cavités rénales, les uretères, la vessie et, en réalisant des cliché pendant la miction, de voir l’urètre dans son ensemble.
Avant de pratiquer cet examen il faut :
-    vérifier la créatininémie
-    s’assurer de l’absence d’allergies (asthme, urticaire, allergie à l’iode, autres allergies)
-    conseiller un régime sans résidu 3 jours avant l’examen pour ne pas être gêné par les matières
-    si femme jeune : s’assurer qu’elle est sous contraceptifs ou dans les 10 premiers jours du cycle à la date de l’examen.

Les contre-indications de cet examen sont :
-    absolues si grossesse en cours (1er trimestre), myélome.
-    Relatives si antécédents d’allergie aux agents iodés (en cas de stricte nécessité l’examen peut-être pratiqué après préparation anti-allergique et en milieu hospitalier), grossesse en cours (2ème et 3ème trimestre), prise de Glucophage (qui doit être arrêté 48 heures avant l’examen), insuffisance rénale.
 

-    La cystographie rétrograde et mictionnelle :

C’est un examen qui consiste à injecter un produit de contraste directement dans la vessie au moyen d’une sonde et de faire des clichés avant pendant et après la miction.
Il permet de rechercher une anomalie de la morphologie vésicale, un reflux vésico-rénal et une obstruction à la vidange vésicale soit par un adénome de prostate, soit par un rétrécissement du canal de l’urètre.

 
 

-    L’urétéro-pyélographie rétrograde (UPR) :

C’est un examen en général pratiqué sous anesthésie qui consiste à injecter du produit de contraste dans l’uretère au moyen d’une sonde urétérale après avoir fait une cystoscopie et qui recherche une obstruction sur l’uretère (lithiase, tumeurs de l’uretère, rétrécissement).
Cet examen est souvent couplé à une montée de sonde urétérale.

 

-    L’uroscanner :

C’est un examen tomodensitométrique (ou scanner) avec injection de produit de contraste à base d’iode ou sans injection de produit de contraste. Cet examen utilise les rayons X.
Il permet d’obtenir des coupes axiales, sagittales et frontales de l’appareil urinaire.
Cet examen très performant a tendance à remplacer l’urographie intraveineuse. Il est très performant pour l’exploration des organes rétropéritonéaux comme le rein, la recherche de lithiase urétérale, la recherche de ganglions pathologiques.
Il permet de faire des reconstructions dans l’espace permettant ainsi une analyse précise des organes et de leur vascularisation.
Il est cependant peu performant pour l’étude de la prostate.
Il faut cependant éviter de faire un scanner à une femme enceinte et le limiter chez l’enfant.


-    L’imagerie par résonance magnétique (IRM ou RMN) :

C’est un excellent examen qui permet d’explorer les reins, les gros vaisseaux (veine cave) et les ganglions pathologiques.
Il permet de faire des reconstructions dans l’espace.
Il n’utilise les Rx et n’en présente donc pas les dangers d’irradiation.
On peut être amené à injecté un produit de contraste appelé le Gadolinium , très peu toxique, à éviter cependant chez la femme enceinte.
Les contre-indications de l’IRM sont la claustrophobie, le malade agité ou en réanimation, le port de prothèses (prothèses de hanche, implants oculaires, pace-maker, stérilet, prothèses dentaires ou auditives …).
Il est possible de faire une IRM par voie endorectale pour étudier la structure prostatique, mais l’intérêt de cette pratique reste encore à démontrer.

 

-    La scintigraphie osseuse :

Cet examen a pour but de vérifier l’absence de métastases osseuse dans le bilan d’extension de certains cancer (prostate, vessie). On injecte un produit à base de Technetium radio-actif capté par les foyers d’hyperactivité osseuse et de faire ensuite un balayage du squelette entier.

-    La scintigraphie rénale au Mag 3 :

Cet examen consiste à explorer la fonction rénale et à rechercher une obstruction rénale.
Il est utilisé dans certaines pathologies obstructives des voies excrétrices urinaires (Méga-uretère, anomalie de la jonction pyélo-urétérale …).

3. LE BILAN URODYNAMIQUE :

Le but de cet examen est d'analyser le système vésico-sphinctérien, c'est à dire la capacité de la vessie, son comportement et la valeur du sphincter urétral : tous ces éléments sont importants pour orienter le traitement.

4. LA CYSTOSCOPIE :

Cet examen consiste à examiner l'urètre et la vessie par les voies naturelles ( endoscopie ).

-    La vessie :

La vessie est le réservoir dans lequel l'urine provenant des reins est stockée avant d'être évacuée lors de la miction.
L'urètre est le canal de sortie de la vessie.

-    Pourquoi cet examen ?

Une cystoscopie est pratiquée : soit pour aider au diagnostic de troubles urinaires,
soit dans le cadre de la surveillance d'une lésion de vessie.

-    Déroulement de l’examen

Cet examen est habituellement réalisé en externe et, chez l'homme, sous anesthésie locale. Il s'effectue après vérification de l'absence d' infection urinaire évolutive.
Le cystoscope est un tube mince muni à son extrémité d'une lentille reliée à une source lumineuse. Il est introduit dans la vessie par le canal de l'urètre ; chez l'homme le passage de l'appareil peut être ressenti au niveau du sphincter et de la prostate
malgré l'effet de l'anesthésie locale. Parfois des prélèvements superficiels peuvent être réalisés.

-    Suites et risques

Après la cystoscopie, on peut avoir pendant quelques heures des besoins d'uriner pressants et une sensation de brûlures en urinant..
Les complications de cet examen sont possibles mais rares :
- saignement urinaire transitoire
- infection urinaire.


5. LES BIOPSIES PROSTATIQUES :

L'examen a pour objectif de réaliser des prélèvements de la prostate pour en faire une analyse au microscope.
Une biopsie négative ne peut cependant pas exclure définitivement l'existence d'un cancer.

-    La prostate

La prostate est une glande située chez l'homme sous la vessie et contre le rectum. Son rôle est de participer à la formation du sperme.

-    Pourquoi des biopsies ?

Une anomalie de la prostate a été détectée par le toucher rectal et / ou le taux de PSA sanguin est considéré comme élevé. Différentes affections de la prostate peuvent correspondre à ces anomalies. L'examen au microscope du tissu prélevé est nécessaire pour établir un diagnostic exact.
L'absence de diagnostic précis et donc de traitement adapté exposerait au risque de laisser évoluer une lésion dangereuse, éventuellement cancéreuse ou susceptible de le devenir.

-    Existe-t’il d’autres possibilités ?

Cet examen est le moyen le plus simple de prélever des fragments de prostate en évitant une intervention chirurgicale.

-    Explication et préparation du geste

La biopsie consiste à prélever sous guidage échographique des fragments de prostate à l'aide d'une aiguille en passant à travers la paroi rectale. Ces fragments sont ensuite envoyés au laboratoire pour analyse.
Dans sa modalité habituelle cet examen ne nécessite pas d'anesthésie générale mais est fait avec une anesthésie locale, en externe, car l'inconfort est modéré et les biopsies sont peu douloureuses et bien supportées.
Une vérification de la stérilité des urines avant l’examen est nécessaire et une préparation le jour de l’examen doit être faite (prise d’un comprimé antibiotique le matin et prise d’un suppositoire pour vider le rectum 2 heures avant les biopsies pour limiter le risque infectieux.

-    Suites habituelles

Des saignements mineurs sont fréquents durant quelques jours dans les selles et dans l'urine, parfois pendant plus longtemps dans le sperme.

-    Risques et complications

Le traitement antibiotique prescrit a pour but d'éviter une infection qui est la complication la plus habituelle, même si elle reste rare (moins de 2% des cas).
La seule vraie complication, rare mais possible, est l’infection de la prostate qui se manifeste par de la fièvre à 39°, des brûlures et des difficultés en urinant et nécessite un traitement antibiotique de 3 semaines.