L’hypospadias est une anomalie congénitale qui se définit par l’ectopie du méat urétral, c'est-à-dire un abouchement du méat urétral en dehors de la fossette naviculaire du gland, à la face ventrale de la verge.




1.    Anatomie de l’hypospadias :

a)    Le méat urétral hypospade est situé en un point quelconque sur la face ventrale (inférieure) de la verge.
On distingue d’avant en arrière :
-    L’hypospadias balanique, où l’abouchement se fait au niveau du gland (forme en principe minime)
-    L’hypospadias balano-préputial, où l’abouchement se fait dans le sillon balano-préputial
-    L’hypospadias pénien antérieur
-    L’hypospadias péno-scrotal
-    L’hypospadias périnéal
        Les deux premières formes sont les plus fréquentes.

b)    les anomalies associées locales :
Le bilan ce ces anomalies est essentiel pour le choix du traitement. Il sera fait au mieux en per-opératoire.
-    La sténose du méat qui nécessite une méatostomie (élargissement du méat) : ce geste peut être réalisé de façon précoce si la sténose est responsable de dysurie.
-    Les anomalies cutanées sont constantes : le prépuce (peau qui recouvre normalement le gland) est ouvert en avant. On parle de tablier préputial.
-    L’enlisement de la verge se limite habituellement à une palmure péno-scrotale.
-    La courbure de la verge est un élément capital de cette malformation. Elle est due au remplacement de la gouttière urétrale non fermée par un tissu épais et fibreux adhérent au plan profond et s’étendant depuis l’extrémité de l’urètre jusqu’au gland. Ce tissu doit être excisé.
-    Le gland est souvent aplati et sans relief.

  

2.    Diagnostic de l’hypospadias :

Le diagnostic est facile, mais le bilan lésionnel complet ne sera fait que pendant l’intervention.
Il faut savoir suspecter une ambiguïté sexuelle lorsque certains des éléments suivants sont présents :
- Hypospadias d’allure vulviforme avec non fermeture scrotale
- Ectopie testiculaire
- Présence d’un micropénis.

Dans ces cas un caryotype et un bilan hormonal doivent être faits :
L’hypospadias peut masquer un sexe féminin virilisé (hyperplasie congénitale des surrénales) ou il peut s’agir d’un garçon insuffisamment virilisé (syndrome d’insensibilité aux androgènes).

3.    Le traitement chirurgical :

Le but de la correction chirurgicale de l’hypospadias est d’obtenir une verge droite, un méat apical, un néo-urètre sans fistule, sans poils, avec des cicatrices aussi peu visibles que possible et un aspect proche de la normale.
L’âge optimal pour opérer ces enfants se situe aux alentours de 1 an.
On peut prescrire un traitement androgénique pour améliorer la trophicité de la verge et des téguments avant l’intervention.
Le recours à des moyens grossissants (loupes ou microscopes) est indispensable.

a)    Les deux premiers temps opératoires sont le traitement d’une éventuelle sténose du méat et surtout le redressement de la verge par excision du tissu fibreux pré-urétral avec épreuve d’érection artificielle pour juger de la qualité du geste.
Ce n’est qu’à l’issue de ces temps que l’on peut décider de la technique d’urétroplastie la mieux adaptée à la situation. Ce chois nécessite une grande expérience.

b)    Les techniques d’urétroplastie sont multiples et ne peuvent être traitées ici.
Schématiquement on distingue :
-    les techniques d’urétroplastie pour hypospadias sans courbure de verge
 ( le MAGPI qui est une plastie du gland avec avancement du méat réservé aux hypospadias balaniques et au maximum balano-préputiaux et l’opération de Mathieu qui est une urétroplastie en peau pénienne réservée aux hypospadias péniens antérieurs )

-    les techniques d’urétroplasties pour hypospadias avec courbure de la verge, dont le redressement a reculé le méat qui est souvent pénien moyen ou postérieur :
         le lambeau préputial pédiculé en patch (opération de Onlay)
         le lambeau préputial pédiculé tubulaire (opération de Duckett)
         l’urétroplastie en peau pénienne  (opération de Duplay)
         l’urétroplastie par greffe libre (muqueuse buccale ou vésicale).