Il s’agit d’une obstruction de l’écoulement de l’urine
située au niveau de la jonction entre le bassinet et
l’uretère responsable d’une
dilatation des cavités
rénales appelée hydronéphrose.
a) constitution normale des parois de l’ensemble
de la voie excrétrice :
Les parois sont formées de dedans en dehors d’une muqueuse
appelée urothélium, de tissu conjonctif lâche, de
fibres musculaires lisses.
Ces fibres musculaires ont des contractions régulières
qui propulsent l’urine vers la vessie : on les appellent des
contractions péristaltiques.
b) Dans la grande majorité des syndromes de la
jonction pyélo-urétérale
la paroi présente
à ce niveau une fibrose et une atrophie des fibres musculaires
lisses : les contractions péristaltiques ne se font plus et il
en résulta une obstruction fonctionnelle à
l’écoulement de l’urine. Dans 10 % des cas il existe une
sténose vraie.
Parfois est associée une implantation anormale de
l’uretère sur le bassinet, parfois il existe un pédicule
vasculaire inférieur qui croise anormalement la jonction
pyélo-urétérale et participe ainsi à
l’obstruction.
Le plus souvent unilatérale, l’anomalie de la jonction
urétérale se voit dans les deux sexes et à tous
les âges, mais le diagnostic est le plus fréquemment
posé chez l’adulte jeune.
La symptomatologie est dominée par les douleurs lombaires le
plus souvent à type de colique
néphrétique,
volontiers déclenchées par la prise de boissons
abondantes.
Plus rarement le diagnostic sera posé devant une
pyélonéphrite aiguë
due à l’infection de la
poche pyélo-calicielle.
Une hématurie peut aussi
être un symptôme
révélateur et se voit plus souvent en cas de lithiase
associée, qu’il faut toujours rechercher.
L’examen clinique est le plus souvent normal, mais parfois on peut
palper une masse lombaire.
a) L’échographie
rénale est souvent
le premier examen demandé : en période douloureuse elle
montre des cavités rénales dilatées et un
uretère lombaire fin.
b) L’urographie
intraveineuse ou l’uroscanner
:
C’est l’examen de choix. Le premier cliché avant injection
recherche une lithiase associée.
Après injection, on constate une asymétrie de
sécrétion et une dilatation des calices et du bassinet.
L’évacuation des urines du bassinet du côté malade
est retardée par rapport au côté sain.
Parfois il est nécessaire de réaliser une épreuve
d’hyperdiurèse provoquée par l’injection de
diurétique pour objectiver l’obstruction (en règle
générale cette épreuve déclenche une
douleur).
Cet examen permet d’analyser la valeur du parenchyme rénal, sauf
quand la dilatation est tellement importante que le parenchyme est
très étalé et donc aminci.
L’uroscanner permet de voir un éventuel croisement vasculaire
anormal.
c) L’urétéro-pyélographie
rétrograde peut être réalisée en
pré-opératoire immédiat si l’uretère
sous-pyélique n’a jamais été vu.
d) Une néphrostomie
percutanée est
rarement nécessaire : elle est indiquée devant un rein
non sécrétant à l’uroscanner et ayant des
cavités dilatées. Elle permet d’apprécier la
valeur fonctionnelle du rein après un délai de
récupération d’environ 1 mois et d’opacifier les
cavités rénales par injection directement dans le drain
de produit de contraste radio-opaque.
e) Les autres examens complémentaires.
- l’examen
cytobactériologique des urines
vérifie la stérilité des urines.
- Les dosages
de l’urée sanguine et de la
créatininémie permettent de suivre la fonction
rénale globale.
- La scintigraphie
rénale au MAG 3 permet
l’étude de la valeur fonctionnelle séparée de
chaque rein. Elle est indiquée si l’uroscanner n’a pas pu
déterminer la valeur du rein du côté malade.
Elle est assez imprévisible depuis l’anomalie de la jonction
pyélo-urétérale stable pendant des années
puis brutalement décompensée jusqu’à l’anomalie de
la jonction détruisant en quelques mois le parenchyme
rénal.
l’interrogatoire retrouve un passé de crise douloureuse
parfois intense à type de colique néphrétique.
En dehors des crises les examens radiologiques ne montrent pas
grand-chose sinon un syndrome de jonction a minima.
Dans ces cas il faut savoir demander des explorations radiologiques en
période douloureuse ou avec hyperdiurèse provoquée.
L’urine du bassinet est sous tension et la symptomatologie est
essentiellement douloureuse. Dans ces formes le parenchyme rénal
est en général de bonne qualité.
Elle est représentée par des poches pyéliques
dans lesquelles la pression est basse. Le parenchyme rénal est
souvent très aminci et la symptomatologie essentiellement
infectieuse.
Si la fonction rénale est
supérieure à 25 % le
traitement doit être conservateur et consiste à
reséquer la jonction pyélo-urétérale
malade et à faire une suture entre l’uretère et le
bassinet.
On laisse en place une sonde interne entre rein et vessie (dite sonde JJ) qui sera retirée un mois
après à l’occasion d’une cystoscopie
avec une
anesthésie locale ou une brève anesthésie
générale en ambulatoire.
Cette intervention est pratiquée dans notre centre par chirurgie
laparoscopie.
Elle nécessite une hospitalisation de 3 ou 4 jours.
Les résultats du traitement sont bons dans 90 % des cas.
| U.I.V
pré-opératoire |
U.I.V post-opératoire | ||
![]() |
rein
bassinet
dilaté
zone
sténosée
uretère
|
![]() |
rein
bassinet
normal
zone
sténosée enlevée
uretère
|
Elle consiste à suturer l’uretère sectionné du
bassinet au calice inférieur après avoir
réalisé une
petite excision du parenchyme rénal en regard de ce calice. Elle
est indiquée dans les hydronéphroses géantes avec
calices dits en « boule ».
Cette intervention peut être réalisée par
laparoscopie.
Elle consiste à inciser la jonction
pyélo-urétérale par voie endoscopique.
Cette technique est surtout à réserver pour le traitement
des sténoses secondaires (après échec d’une
pyéloplastie : situation rare). Elle donne dans ces cas 90 % de
bons résultats.
Elle est pratiquée si le rein est détruit et que le
rein opposé a une fonction rénale compensatrice : ceci
est exploré au mieux par la scintigraphie rénale.
Elle est réalisée par chirurgie
laparoscopie.
Elle est justifiée lorsque l’anomalie est peu douloureuse,
non infectée, sans retentissement sur la fonction rénale
et sans lithiase associée.
Elle nécessite une surveillance étroite
bactériologique (examen cytobactériologique des urines),
biologique et surtout échographique pour dépister
à temps le passage d’une situation stable à une situation
s’aggravant.
En conclusion, l’anomalie de la jonction
pyélo-urétérale est une maladie congénitale
découverte à des âges variables qui
nécessite un bilan soigneux de départ. Celui-ci permet au
mieux d’apprécier la gravité de l’atteinte
parenchymateuse et le potentiel évolutif de la maladie.