1.    Définition :

Le méga-uretère primitif est défini comme une dilatation congénitale de l’uretère.
 

2.    Physiopathologie et anatomopathologie :

La malformation prédomine nettement dans le sexe masculin. Elle unilatérale dans la majorité des cas.
Les uretères sont à la fois trop long et trop gros. Leur partie terminale, proche de la vessie, est anormale et se comporte comme un obstacle au libre écoulement des urines. La jonction urétéro-vésicale est très fine, on parle de radicelle et s’aboche dans une vessie normale.
L’étude histologique de cette radicelle montre des anomalies de la paroi urétérale à type de fibrose et d’hypoplasie musculaire. L’innervation est habituellement normale. La preuve du caractère obstructif de cette radicelle est la régression de la dilatation urétérale une fois celle-ci enlevée.
L’uretère dilaté conserve souvent un péristaltisme normal.
Deux facteurs viennent majorer les lésions anatomiques et perturber la dynamique urétérale : l’infection qui est présente dans 80 % des cas et la lithiase qui est lus rare ( 10 % des cas ).
Les malformations associées ne sont pas rares : reflux vésico-rénal homo et controlatéral et une imperforation anale.

3.    Tableau clinique :

a)    L’infection urinaire :

Les signes infectieux dominent le tableau clinique : il s’agit le plus souvent de pyélonéphrite aiguë.
Devant une fièvre élevée sans autres symptômes il faut penser à une infection urinaire chez l’enfant (examen cytobactériologique des urines systématique).

b)    les autres manifestations :

douleurs lombaires ou hématuries.

c)    L’examen clinique est souvent normal.


4.    Les examens complémentaires :

a)    L’examen cytobactériologique des urines permet de détecter une infection des urines.

b)    L’urographie intraveineuse ( ou l’uroscanner ) avec éventuelle épreuve d’hyperdiurèse :
Les images sont de 3 types :
-    Le méga-uretère pelvien ( seule la partie pelvienne de l’uretère est dilatée ).
-    Le méga-uretère total : l’ensemble de l’uretère est dilaté.
-    Le dolicho-méga-uretère : l’ensemble de l’uretère est dilaté et sinueux.     
      L’urographie précise la sévérité de l’obstruction et la valeur du rein sus-jacent dont dépend le pronostic.

c)    La  cystographie rétrograde et mictionnelle : elle recherche un reflux vésico-rénal et vérifie l’intégrité de l’urètre.

d)    L’échographie rénale : elle est surtout utile pour le suivi de la dilatation urétéro-pyélo-calicielle.


e)    La scintigraphie rénale au MAG 3 : elle apprécie la valeur séparée de chaque rein.

A l’issue de ce bilan, les éléments suivants vont être déterminants pour l’attitude thérapeutique :
         - L’âge de l’enfant.
         - La précocité et la sévérité de l’infection.
         - Le caractère uni ou bilatéral et le type anatomique du méga-uretère
         - La sévérité de l’obstruction et de l’atteinte rénale.

5.    Le traitement :

a)    Le traitement de l’infection urinaire :

Il est toujours de mise. Les urines doivent absolument être stériles avant le traitement chirurgical.

b)     Le traitement chirurgical :

Il a pour but de reséquer la radicelle et de réimplanter l’uretère dans la vessie selon un procédé anti-reflux avec éventuel modelage de l’uretère si celui-ci est trop gros. On laisse dans l’uretère une sonde pendant environ 8 jours.
Quelques rares complications peuvent survenir qui peuvent obliger à réintervenir :
-    fistule par lâchage de la plastie
-    sténose de la réimplantation urétrovésicale
-    reflux vésico-rénal.
Dans tous les cas une surveillance post-opératoire doit être stricte qui vérifie la stérilité des urines et le bon fonctionnement du rein.
Dans certains rares cas il est nécessaire de mettre en place une néphrostomie percutanée temporaire pour refroidir une infection sévère avec obstruction importante : cette néphrostomie permettra de parfaitement évaluer la valeur fonctionnelle du rein à distance de l’épisode infectieux (1 mois environ).

Indications du traitement chirurgical : Tous les méga-uretères ne sont pas forcément à opérer. Une surveillance étroite avec désinfection des urines par traitement antibiotiques prolongés peut être de mise quand le méga-uretère est bien toléré, peu obstructif avec un rein sus-jacent fonctionnant bien et sans lithiase associée.